Casser les codes

Encore en suspension. La tête légère. Le trouble. La force de mes émotions. Celles que je ne peux pas contrôler, ces émotions profondes qui déclenchent sans que je le veuille les crises de rires ou de larmes. Si j'avais su... Si j'avais imaginé cela... J'ai du mal à y croire, il me faut me pincer, me frotter les yeux, tant cette réalité rend mes rêves fades et insignifiants. Si loin d'un idéal, bien mieux que ça. La vie, avec ses contraintes et ses bonheurs, cette vie qui se présente, qui s'offre. Rien d'idéal en effet. L'idéal se rêve. Mais ce que nous partageons, c'est la vie, la notre. Je n'aime pas évoquer le destin, je trouve que c'est une valeur refuge en quelque sorte. Le hasard, certainement. L'instinct. L'inspiration de l'autre. La chance, aussi. Bien des murs étaient érigés en apparence. Tant de choses pouvaient se dresser, rendant impossible que nous croisions le regard de l'autre. Il y a des choses qui ne s'expliquent pas. Qu'est-ce qui t'a motivé quand je t'ai contacté? Qu'est-ce qui m'a poussé vers toi, lors de la toute première découverte, celle de tes mots? Il y a certainement une question d'instinct dans tout ça. L'instinct de se regarder dans l'autre comme on est, de vivre l'autre comme de se vivre soi.

L'intensité. C'est le sentiment qui me revient. L'intensité de nos ébats, de nos orgasmes, mais aussi et surtout l'intensité de tout ce que l'on partage, l'intensité des découvertes que l'on fait sur l'autre, constatant avec bonheur que ce que tu es me comble. Partager l'intime, la souffrance aussi, présente et passée. Parler, rire, pleurer. Ressentir ce que tu es comme tu perçois mon être. L'envie de me mettre à nu comme de te protéger. L'envie que tu ressentes comme je ne peux pas supporter ta souffrance. Ces mots parfois, que tu te destines et qui me font mal. L'émotion que tu dégages quand tu apprends qui je suis. Tes yeux qui semblent me dire que je ne dois rien renier de ce qui m'a fait, quand les paroles deviennent dérisoires. Cette envie d'être nu face à toi. T'apprendre, te comprendre, t'aimer. Perdre la tête, me noyer dans ton regard, et sourire sans cesse. J'ai souri plus que je ne l'ai jamais fait en une seule journée. Le bonheur. Rire, parler. Me sentir passionnant parfois, t'écouter parler de tout, de toi. Boire ce que tu es. Et puis cette évidence devenue certitude. Te le dire. Te dire que c'est ma certitude, sans question ni sous-entendu. Et voir que tu entends ça, que tu écoutes, que tu intègres. Sentir ce que tu t'autorises à me dire et ce que tu ne me dis pas. Parler d'avenir aussi. Vivre la légèreté de nos vies lorsque nous sommes l'un contre l'autre.

Je peux le dire, je découvre ces émotions. Cette puissance. Sans faire offense à ce que j'ai vécu jusqu'alors. Ce n'est pas une parenthèse, c'est toi et moi. Ensemble, légers. Nous rendre compte du bien que l'on s'apporte, sans idéalisme. Refuser d'être malheureux, de rendre malheureux. Haïr la contrainte. Et savoir ce que nous voulons, ce que nous pouvons l'un envers l'autre. C'est tout ça. Des émotions d'une force insoupçonnée. Chaque minute passée ensemble, passée avec toi, m'a comblé. Je suis comblé par ce que tu es et par ce que je suis avec toi. Je suis comblé de ce que je ressens pour toi. Comblé quand on nous dit que nous allons bien ensemble. Comblé de te sentir heureuse, de t'entendre rire. Comblé de te sentir te réfugier au creux de mes bras quand les larmes te viennent. Comblé de ressentir que, tout comme moi, tu ne supporterais pas de me faire du mal. Comblé par l'espoir que je devine en toi. De sentir que je peux être en toi. Singulier. Particulier. Evident. Je sais ma responsabilité. Crois-moi. Je suis imparfait, mais j'ai le sens de la responsabilité. Ma responsabilité vis-à-vis de toi, de ce que je t'ai révélé de mes sentiments, de mes désirs d'avenir. Ma responsabilité aussi par rapport à ma vie d'aujourd'hui. Celle qui en est à son crépuscule. Ce chapitre se termine, sans amertume ni regret. C'est comme ça. Je sais que tu m'attends aux actes. Ces actes que je n'ai pas provoqué pour toi, mais qui te donneront davantage de gages de ma sincérité. T'entendre dire que je fais des efforts pour toi, alors que ça n'en ai pas à mes yeux. Peut-être que c'est une belle conclusion de ce moment. Que tu ressentes mes attentions à ton égard, naturelles, parce qu'elles sont dictées par ce que je ressens pour toi. Je casse les codes sans en trouver d'autres. Il n'existent plus pour moi. Tu peux lire en moi librement, sans aucune filtre. Plus rien ne nous est impossible.

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