Te vivre pleinement

J'ai tellement de difficultés à parler actuellement. Moi qui suis pourtant loquace. M'exprimer est même la base de mon métier. La pertinence. L'efficacité d'un discours, spontanée. Mais avec toi, je ne sais plus parler tant je suis bouleversé. Il me reste l'écriture. Plus réfléchie. Même si j'écris comme je parle, à l'instinct. Je peux choisir mes mots. Depuis toi, l'écriture est le reflet le plus strict de ce que je ressens.Et cette sensation nouvelle, cette absence de contrôle me grise. Je sais au fond de moi le bonheur de te vivre. Une telle force que je n'arrive pas à retranscrire. Pour l'instant. Je me sens vivre mes émotions, et ça fait un bien fou. Ne pas réussir à te le dire, en revanche, me frustre et m'attriste. Que tu prennes ça pour une tentative de dissimulation me remplit de colère contre moi-même. Est-ce ça que je semble retranscrire, finalement? La frustration est là. Ne pas réussir à te dire comme tu es belle, désirable, drôle, complice. Ne pas réussir à te dire comme tout m'intéresse en toi, comme le moindre de tes mots à mon égard déclenche irrémédiablement un large sourire, quand bien même je vis des temps difficiles. Je veux habiller mes jours et mes nuits en ta présence. Je veux le crier aussi. Je suis si fier et si heureux que tu ressentes en moi le potentiel de me découvrir encore. D'aller plus loin. De vivre nos heures, de les espérer, de les vouloir. De vouloir occuper la place que tu t'es faite en moi, sans défiance et avec plaisir. Si je pouvais seulement te dire comme je suis heureux de cela. Heureux comme jamais.

Il existe cette pudeur en moi. Ce n'est rien d'autre que ça. La pudeur de te laisser évoquer ce que l'on vit comme tu le souhaites. Ne pas chercher à devancer ton désir de partage. Car à chaque fois que je sais que tu m'as évoqué, à chaque fois que tu me le révèles, je ressens une joie intérieure puissante, une fierté que tu décides de me revendiquer clairement, de m'associer à toi auprès des autres. Je ressens aussi la frustration de ne pas pouvoir encore me le permettre. J'aimerais tant, je t'assure, parler de toi, de ce que je ressens, partager le bonheur qui vit en moi, à mes amis, aux personnes avec qui j'ai envie de dire la chance de voir nos routes se croiser. Chaque chose en son temps après tout. Je suis lancé dans un changement profond, une entreprise monumentale. Chaque jour, chaque semaine me conduit vers la conclusion que je souhaite. Je le sais. Mais je suis frustré de ne pas pouvoir dire encore la joie et l'envie que je ressens pour toi. Ce n'est pas de la honte, ce n'est pas une volonté d'être secret, ou une hésitation. C'est une question d'agenda, si j'ose dire. Et je sais que tu le comprends. Sur l'espace qui me permet d'être plus démonstratif, en revanche, j'ai compris que ce que je me refusais pour te préserver a eu l'effet strictement inverse. Et que l'on ne m'y reprendra plus. Rien ne serait pire à mes yeux que tu puisses croire que tu n'es pas mon évidence.

Je suis fou de toi, de ton corps et de ton coeur. Je m'enflamme au contact de ta peau, à l'écoute de tes mots. Je veux tes rires, je veux ce partage entre nous, d'un café en terrasse, d'une ballade main dans la main, d'un moment anodin interrompu par un baiser fougueux que je ne pourrais pas retenir. Je veux t'écouter me parler de toi, je veux partager ce qui t'anime, je veux que tu vois ce que je suis, que tu entendes mes joies et mes faiblesses. Je veux nos corps qui s'effleurent, nos mains qui s'oublient. Je veux que nos envies prennent le pas sur nos pudeurs, comme dans cette rue où ma main incontrôlable remontait ta jupe pour sentir ta peau alors que nous nous embrassions langoureusement. Je veux te baiser jusqu'à épuisement, te faire jouir comme personne, te faire l'amour avec passion, m'endormir contre toi, te regarder dormir, vivre ton réveil. Je veux tout ça. Je ne veux pas m'en cacher. Je veux être avec toi au prochain 14 juillet... Même si je t'ai dit que je ne projetais pas aussi loin, c'est ce dont j'ai envie. Je veux que l'on soit là pour l'autre, partageant nos moments de joie et de tristesse. Je veux que mes bras soit ceux que tu veuilles sentir t'étreindre. Je veux la douceur de ta peau contre la mienne. Je veux ta voix, tes mots. Je veux te vivre. Pleinement.

Retour à l'accueil