Que vive la flamme

Il y a des moments qu'on ne choisit pas. Des histoires, des personnes. Ces attitudes que l'on prend en pleine figure, en plein coeur. Ces moments rares. Grisants. Un vertige. Je la découvre. Au rythme qu'elle dicte. Je la ressens dans les recoins les plus enfouis de mon être. A chaque image, à chaque mot, à chaque intention, à chaque désir qu'elle me livre. Evidente. La sensation qu'elle fait ressortir ce qu'il y a de meilleur en moi, de plus passionné, de plus sincère. Ca va bien au-delà du désir, qui pourtant est d'une force que je n'ai jamais vraiment connu. Une permanence de désir dont je ne soupçonnais pas l'existence. Au fil des jours, des heures, elle prend possession de mon être, elle devient centrale, elle devient flagrante. Jouant de mes intimités les plus enfouies, elle s'immisce dans mes rêves, elle occupe mon esprit. Comme j'aime cette sensation... Comme j'aime la ressentir ainsi, découvrir au fil du temps ses envies, la sentir s'ouvrir à moi, se déployer progressivement pour s'installer plus encore en moi. Il n'y a aucune volonté pourtant, ni pour elle, ni pour moi, de parvenir à ces sensations. Juste l'évidence. L'envie d'elle, comme elle a envie de moi. Sentir la confiance qui s'installe, la pureté des intentions. Prendre le temps, toujours. Parce que l'impatience ne rimerait à rien, parce que cette frustration doit se vivre aussi.

Le temps avance et il est toujours plus épineux de mettre des mots sur ce que je ressens. Impossible de définir parfaitement cette sensation. Un feu intérieur, qui devient brasier en quelques secondes quand elle s'ouvre davantage à moi, quand nous créons un nouveau morceau d'intimité. Aimer ce que l'on découvre de nous. S'apercevoir, toujours, de ce que nous avons en commun, au-delà de nos envies. Etre plus désirable jour après jour, heure après heure. L'impatience. Les sourires. Nos voix. Nos soupirs. Je n'éprouve aucune peur de tomber de haut, malgré la puissance de mon envie. Je ressens que je dois lui laisser libre accès à mon être car elle en connaît la valeur. Qu'elle sait que le feu qu'elle a allumé en moi est au plus profond, au plus intime, au plus fragile aussi. Je n'ai pas besoin de m'en convaincre. Sa prudence m'invite a considérer ce qu'elle me laisse voir désormais. Je ressens l'honnêteté, la sincérité. La sienne, comme la mienne. Même si cette flamme vire au feu de paille. Cette volonté de ne pas nous faire souffrir, de ne pas travestir nos intentions, de ne pas tromper l'autre même inconsciemment. Ce n'est pas de la confiance, c'est bien plus que ça. L'instinct. Le plus élémentaire. Celui que l'on entend sans même écouter, celui qui nous pousse à nous livrer sans méfiance, sans défiance.

Je prend ses envies et ses désirs comme elle me les livre. Je la sais si authentique que ça m'est naturel. Jamais en recherche de son engagement. Juste ressentir ses désirs, lui adresser les miens. Savoir qu'elle les reçoit, qu'elle les aime, qu'elle les vit. Avancer sans rythme imposé, juste le désirs de nos corps, de nos êtres. Partager des heures des plus obscènes ou vivre des moments inondés de tendresse. Faire sentir à l'autre ce qui brûle en soi. Le désir profond. L'envie de découverte. La plaisir commun. Vivre, ressentir pleinement ces moments d'impatience, l'un en manque de l'autre. Que nos corps brûlent ensemble. Ne pas chercher à expliquer ce que nous ressentons, oublier les pourquoi. User de la singularité de nos deux êtres, s'étant trouver sans se chercher. Il y a des hasards qui sont si heureux. Et quand j'entends sa voix, quand je distingue ses soupirs, la flamme qui brûle en moi frémit. Car il ne s'agit pas de séduction. C'est un embrasement. Quelque chose d'intérieur, quelque chose qui ne se contrôle pas. Et parce que rien n'est futile dans tout ça, le temps ne me fait pas peur. Au contraire. Vivre ça. La vivre, elle. Se donner le temps. Elle suscite une telle puissance que la crainte d'un affaiblissement n'existe pas. Et quand nous nous parlerons, quand nous nous reverrons, nous pourrons vivre l'intensité de ce que nous partageons. La flamme se transformera en brasier. Brûler de désir, ensemble. Le désir d'être ensemble. Le désir d'être bien.

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