Pourquoi ce blog ?

J'aime écrire. J'aime lire. J'ai toujours aimé ça. Il y a quelques années, une amante dont j'ai déjà parlé me disait sans cesse comme elle aimait lire les mails que je lui destinais. Il y a dans l'écriture une possibilité d'élégance que n'offre pas le contact physique. Ecrire. Le concept est presque romanesque. Ma façon d'écrire est presque une surprise pour certains, pour ceux qui me connaissent un peu. J'exerce une profession tout à fait standard, je n'écoute pas France Culture mais plutôt RMC, je lis L'Equipe, je suis aux antipodes de l'image que l'on pourrait se faire d'un homme prenant plaisir à l'écriture. Cette amante était d'ailleurs une femme de culture, amoureuse des arts, très loin de mes centres d'intérêts principaux. Elle en fut surprise, me soupçonnant plus vieux, plus littéraire, jusqu'à ce qu'elle me découvre. J'aime ces paradoxes. J'aime l'élégance des mots confrontant les plaisirs du sexe les plus instinctifs. Les mots raisonnent en moi bien plus fortement qu'une image, facile et sans imagination (exceptées celles de très grands photographes...). Cette femme fut la première à suggérer que je tienne un blog. Je m'y refusais. Ce que j'écrivais à son attention n'avait pas de vocation publique. Mais depuis que je suis infidèle, j'ai écrit de nombreux textes, de qualité inégale, dont beaucoup ne seront lus que par moi. J'écris ainsi dans le vide, comme pour me confier à moi-même. Je me relis parfois. Constatant mon évolution. Je ne me corrige jamais après coup pour ne pas travestir la réalité du moment. Ces textes sont mon histoire, la plus intime, et je reste le garant de leur confidentialité.

Pourtant, il y a peu, j'ai découvert un blog, presque par hasard. La force des mots. Une révélation. L'envie, rapide, de me raconter un peu ainsi. Le plaisir de lire, avant de découvrir celui d'être lu. Il y quelque chose de terriblement rare que de lire quelqu'un qui vous pousse à vous raconter. En découvrant ces lignes, j'ai vu comme l'écriture des sens me touchait. On apprend beaucoup, je trouve, en lisant quelqu'un. Pas de manière explicite. Mais la façon d'écrire, elle, ne ment pas. Encore faut-il se donner le temps d'apprendre. La découverte de ce blog, je l'ai vécu comme un déclencheur, une révélation. J'allais raconter cette partie de moi, clandestine, intime, me confrontant aux jugements, aux avis. J'allais raconter ce que je suis car j'en ai envie. Ne plus tout garder pour moi. Essayer de transmettre l'intimité de mon raisonnement, de montrer que l'image de l'homme infidèle séducteur et consommateur est loin d'être une fatalité. Et pour tout dire, le fait d'écrire ainsi publiquement décuple mes introspections. Je ne m'y attendais pas. En prenant soin d'expliquer ce que je suis, j'ai la sensation de devoir toujours chercher des réponses. J'ai du mal avec l'idée qu'on n'évolue pas, que nos principes sont inamovibles, que nos attitudes sont prévisibles. Je me surprend moi-même parfois, constatant des émotions que je ne me soupçonnais pas. En définitive, on ne se connaît jamais aussi bien qu'on le prétend.

La belle personne dont j'ai parcouru le blog est donc l'instigatrice des articles que je publie désormais. Je ne sais pas si elle le sait. Je crois lui avoir signifié, furtivement. Mais l'a-t-elle remarqué? A la création de ce blog, je me suis donné une semaine pour recueillir un avis favorable, un commentaire de quelqu'un me disant qu'il a aimé me lire, qu'il a compris le but, que ça l'a touché, bref, n'importe quoi qui soit positif. Je ne vois pas l'intérêt de tenir un blog si ce n'est de partager quelque chose. Autant, sans cela, continuer mes écritures solitaires, celles que je me réserve. Je n'ai pas eu à attendre longtemps les premières réactions. D'abord mauvaises, voir carrément violentes pour certaines. Puis un commentaire féminin. Et deux. Quelques femmes et hommes, témoignant leur intérêt à me lire. Quelques discussions intéressantes, parfois touchantes. La liberté des avis, des opinions, de ce qu'on ne partage pas mais qu'on essaie de comprendre. Me voilà fermement motivé à poursuivre, par plaisir, l'alimentation de cet espace ô combien personnel. Un espace que est donc dû, avant tout, à la capacité d'une personne, et de ce qu'elle livre sur son blog, a transmettre l'envie d'écrire, de se raconter, de se livrer parfois. Et bien que ça paraisse dérisoire, je tenais à ce qu'elle le sache.

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